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Mélodie
Dufresne - Soeur Marie-Agnès (1809-1881)
Mélodie
Dufresne est née à Beloeil le 9 novembre 1809. Elle est
la deuxième enfant de Jean-Baptiste Dufresne dit « maître
forgeron » et de Ursule Poirier. La famille compte quatorze enfants
dont huit seulement survivront. Situation privilégiée pour
l’époque, M. Dufresne défraie le coût du cours
classique pour ses garçons et deux années de pensionnat
pour ses filles.
Mélodie fréquente d’abord l’école du
village et poursuit ensuite sa formation au pensionnat Saint-Denis-sur-Richelieu,
chez les Soeurs de la Congrégation Notre-Dame.
En 1825, elle rencontre pour la première fois Eulalie Durocher
(Mère Marie-Rose). Les deux jeunes filles sympathisent immédiatement.
Peu après une tentative de vie religieuse chez les Soeurs de la
Congrégation Notre-Dame, en 1833, Mélodie est invitée
à venir seconder Eulalie au presbytère de Beloeil. Une même
aspiration à consacrer leur vie à Dieu les rapproche. Jusqu’en
1843, elles mettront leur compétence et leur créativité
au service de la paroisse Saint-Mathieu, à Beloeil, et collaboreront
à la mission des Pères Oblats de Marie-Immaculée.
En 1843, Eulalie et Mélodie sont invitées par Mgr Ignace
Bourget à se rendre à Longueuil rejoindre Henriette Céré,
institutrice à l’école de la Fabrique. C’est
là qu’elles fondent la Congrégation des Soeurs des
Saints Noms de Jésus et de Marie vouée à l’éducation
des jeunes.
Le 8 décembre 1844, Mélodie prend le nom de Soeur Marie-Agnès.
Toute sa vie, elle s’applique aux tâches qu’on lui confie:
tenue de maison, couture, dessin et arts d’agrément. Les
réalisations de son talent d’artiste lui sont une source
de joie. Maîtresse des travaux des élèves, elle se
fait aider par elles et leur donne des charges de confiance. Si elle se
montre parfois trop exigeante, elle sait s’excuser avec grande humilité.
Un coeur généreux, le souci du beau et une grande sensibilité
viennent atténuer des difficultés de caractère manifestées
dès son jeune âge. «Elle était raide, mais nous
disions: 'C’est une sainte'», affirme une ancienne élève.
La mort de Mère Marie-Rose, en 1849, laisse un grand vide dans
le coeur de Soeur Marie-Agnès. C’est en Dieu qu’elle
trouvera force et espérance pour maintenir l’esprit de la
fondation. Elle meurt à l’âge de 72 ans. Mystique,
elle est passée par la voie du renoncement et de la prière
pour offrir à Dieu sa vie d’enseignante, d’artiste
et de religieuse.
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