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Henriette Céré (Soeur Marie-Madeleine)
1804-1885

Henriette Céré est née à Longueuil, en 1804, de François-Xavier Céré et de Ursule Brun dont l'ancêtre a survécu à la déportation acadienne. Elle est la troisième d'une famille de 17 enfants. Elle reçoit son éducation de base de monsieur Jean-Marie Cherrier, futur avocat. Elle fréquente ensuite le couvent de Boucherville tenu par les Soeurs de la Congrégation Notre-Dame.

À 19 ans, elle est admise chez les Hospitalières de l'Hôtel-Dieu de Montréal. Atteinte de typhoïde, elle doit revenir chez elle. À 22 ans, elle est l'institutrice attitrée de la famille et de presque tous les enfants du Rang de la Savane. À sa demande, son père construit une petite école sur la propriété familiale. Sa renommée atteint le village de Longueuil. En 1838, le curé Manseau l'invite à enseigner à l'école de la Fabrique où elle obtient un réel succès.

Elle rêve toujours de devenir religieuse. Le 28 octobre 1843, elle accueille dans son école deux compagnes: Eulalie Durocher et Mélodie Dufresne. Ce sera l'origine de la Congrégation des Soeurs des Saints Noms de Jésus et de Marie.

Maîtresse du pensionnat, Henriette s'occupe des grandes élèves. Elle est aussi chargée d'une classe chez les externes. Quoique sévère pour la discipline, elle respecte les enfants. Créatrice, elle sait les amuser et les intéresser; elle a toujours une histoire à raconter. Elle enseigne merveilleusement bien la lecture. Chaque jour, elle donne des leçons de lecture aux professes et aux novices. Elle a une prédilection pour les pauvres, les orphelins, les malades, les déshérités de fortune et d'intelligence. La grande expérience de cette femme soucieuse du succès scolaire et de la formation morale de leurs filles rassure les parents.

Le 17 août 1848, avec trois compagnes, elle participe à la fondation de Saint-Timothée. Elle organise la maison et les classes et se soucie d'enjoliver le vaste terrain du couvent. Elle contribue également à l'expansion des couvents de Saint-Roch-de-l'Achigan et de Verchères.

Soeur Marie-Madeleine (son nom en religion) souffre beaucoup de la mort prématurée de Mère Marie-Rose (1849) qu'elle vénère et considère comme une sainte. En 1881, elle aura la douleur de voir mourir son autre compagne des premiers jours, Soeur Marie-Agnès, (Mélodie Dufresne).

Un rhumatisme inflammatoire l'afllige périodiquement. Retraitée à Longueuil, elle rend divers services. Elle se plaît à raconter son passé, les incartades de sa jeunesse, les débuts de la communauté. On lui témoigne de la considération. Elle mourra le 9 janvier 1885 à l'âge 80 ans.

À Saint-Hubert, rue de Chambly, le Centre d'Accueil Henriette Céré, résidence pour personnes âgées, commémore la mémoire de cette femme compatissante. Le lieu géographique correspond approximativement au Rang de la Savane où elle enseignait jadis.



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